Lorsqu'on commence à chercher de l'aide après un traumatisme, un nom revient souvent : l'EMDR. Peut-être en avez-vous entendu parler sur Internet, dans un reportage ou par l'intermédiaire d'un proche. Peut-être même vous demandez-vous si c'est la méthode qu'il vous faut. L'EMDR est aujourd'hui l'une des approches les plus connues dans le traitement des traumatismes. Pourtant, elle n'est pas la seule. Et surtout, chaque personne a des besoins différents selon son histoire, son niveau de sécurité intérieure et l'état de son système nerveux.

Qu'est-ce que l'EMDR ?

L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ou désensibilisation et retraitement par les mouvements oculaires) est une méthode développée à la fin des années 1980 pour aider les personnes ayant vécu des événements traumatiques.

Concrètement, elle utilise des stimulations bilatérales alternées (mouvements oculaires, sons ou tapotements) pendant que la personne se reconnecte progressivement à certains souvenirs difficiles.

L'objectif est d'aider le cerveau à retraiter des expériences restées "bloquées" et qui continuent à provoquer de la souffrance dans le présent. Cette approche a aidé de nombreuses personnes et bénéficie aujourd'hui d'une reconnaissance importante dans le domaine du psychotraumatisme.

Simulation de stimulation bilatérale

 

Pourquoi l'EMDR ne convient pas toujours à tout le monde ?

Lorsque l'on parle de traumatisme, on pense souvent à un événement précis : un accident, une agression, un deuil brutal.

Mais de nombreuses personnes que je rencontre ont vécu ce que l'on appelle des traumatismes complexes. Il peut s'agir d'années de violences psychologiques, de négligences affectives, d'humiliations répétées, d'un environnement familial imprévisible ou d'abus survenus durant l'enfance.

Dans ces situations, le problème n'est pas uniquement le souvenir traumatique. C'est aussi le fait que le système nerveux est parfois resté bloqué depuis longtemps dans des mécanismes de survie : hypervigilance, anxiété, figement, dissociation, difficultés relationnelles ou sentiment permanent d'insécurité.

Lorsqu'une personne est encore très fragile émotionnellement ou fortement dissociée, il peut être nécessaire de consacrer du temps à renforcer les ressources internes avant de travailler directement certains souvenirs douloureux.

Pourquoi j'ai choisi d'autres outils thérapeutiques

Dans ma pratique, j'ai fait le choix de privilégier des approches qui accordent une place centrale au corps et au système nerveux.

En effet, après un traumatisme, ce n'est pas seulement la mémoire qui souffre. Le corps continue souvent à réagir comme si le danger était toujours présent.

C'est pourquoi j'utilise notamment des outils inspirés de la Somatic Experiencing®, de l'ICV (Intégration du Cycle de la Vie) et d'approches psychocorporelles centrées sur la régulation du système nerveux.

L'objectif n'est pas de replonger brutalement dans les souvenirs douloureux. Il s'agit plutôt d'aider votre organisme à retrouver progressivement un sentiment de sécurité, à sortir des réactions automatiques de survie et à intégrer ce qui s'est passé à un rythme respectueux de vos capacités du moment.

Faut-il forcément reparler de son traumatisme pour guérir ?

C'est une question que beaucoup de personnes me posent.

La réponse est non.

Dans certaines approches, il n'est pas nécessaire de raconter en détail ce qui s'est passé pour commencer à aller mieux. Le travail peut d'abord porter sur les sensations corporelles, les réactions émotionnelles, les déclencheurs du quotidien ou les mécanismes de survie qui continuent à s'activer dans le présent.

Pour de nombreuses personnes traumatisées, cette manière de travailler est vécue comme plus sécurisante et plus progressive.

L'important n'est pas la méthode, mais ce dont vous avez besoin

EMDR, Somatic Experiencing®, ICV ou autres approches spécialisées : il n'existe pas une méthode unique qui conviendrait à tout le monde.

Ce qui compte avant tout est de trouver un accompagnement adapté à votre histoire, à votre rythme et à votre capacité actuelle à faire face aux souvenirs douloureux.

La thérapie n'est pas une course. Après un traumatisme, retrouver un sentiment de sécurité intérieure est souvent la première étape vers une véritable reconstruction.

À lire aussi